Rogier van der Weyden (né Rogier de la Pasture) est une figure majeure de la peinture de la Renaissance en Europe du Nord. Parmi les Primitifs Flamands actifs dans les Pays-Bas Bourguignons au 15e siècle, contemporain de Robert Campin et Jan van Eyck, il est un des artistes les plus prolifiques, profonds, et influents. Célèbre jusqu’en Italie et en Espagne pour sa maîtrise de la nouveauté que représente la peinture à l’huile et par sa subtilité de composition, de couleurs et d’expression, il est à la tête d’un grand atelier renommé. Après deux siècles de reconnaissance, son œuvre fut progressivement oublié et sujet à débats à partir du milieu du19e siècle.
En effet, on connaît peu de choses sur sa vie et ses créations en raison d’archives lacunaires, de l’absence de signature, de confusions historiographiques et surtout des destructions pendant la Seconde Guerre Mondiale. La trentaine de tableaux qui nous sont parvenus et attestés aujourd’hui, sont de nature avant tout religieuse (retables), même s’il réalisa des portraits, parmi les plus importants du genre, d’une grande sensibilité.
Son style se caractérise notamment par une attention particulière aux émotions humaines au service de la spiritualité.
Proposant plusieurs niveaux de lecture, « Le Triptyque de la Famille Braque », de 1452, (au Musée du Louvre), en sera une belle illustration.
On peut y admirer la représentation remarquable et sensible de Marie-Madeleine (dans son volet droit), qui dès sa création, connaît un succès considérable. Surnommée la Joconde Flamande, son histoire est particulièrement étonnante.
Loin de minimiser notre humanité, il l’embrasse et la met en lumière. Virtuose dans sa manière de donner éclat et magnétisme à ses œuvres, Rogier van der WEYDEN est donc un maître à découvrir ou redécouvrir.
Maryline Maubert-Lecocq

