Voyages

Depuis 2013, chaque année, l’A.M.B.G. organise pour ses adhérents un voyage en Europe. Il regroupe une quarantaine de participants pendant une semaine en automne, il se déroule selon un thème d’art et d’histoire.

  • Octobre 2026 – La Slovaquie – Complet

    Slovaquie

    Dates : du 01/10/2026 au 15/10/2026

    Villes visitées : Bratislava – Cerveny Kamen – Nitra – Bojnice – Zvolen – Banska Stiavnica, Antol, Vlkolinec – Levoca – Spiss Kapitula – Zhera – Kezmarok – Bardejov – Orava – Trencin

    C’est peut-être un des pays européens des moins connus, sans doute parce que c’est un des plus jeunes : il est né en 2004 et est un des plus petits de l’Union Européenne (5,5 millions d’habitants).

    Il est bordé par l’Autriche, la Hongrie, la République Tchèque, la Pologne et l’Ukraine. De fait, on y parle slovaque (dérivé du tchèque) et aussi, héritage de l’histoire, hongrois, allemand(autrichien) et, plus rarement, russe.

    C’est un mélange ethnique : slaves, comme les tchèques ou les polonais, et hongrois (d’origine ougrienne, cf. Attila), puisque la Slovaquie a été une province hongroise.

    Quant à son histoire, c’est celle, à la fois, de l’Autriche, de la Hongrie, de la Bohême (République Tchèque), et de la Pologne, au gré des batailles, traités et des dynasties, jusqu’à ce que les Habsbourg, absorbent ces pays et ces peuples dans leur empire qui s’éteindra en 1918, après plus de mille ans d’existence.

    A partir de 1563, Ferdinand Ier de Habsbourg, jusqu’à Francois-Joseh en 1830, et sa charmante épouse, Elisabeth, tous les rois se feront couronner Roi de Hongrie en la cathédrale Saint Martin de Bratislava, autrefois nommée Presbourg en allemand-autrichien, ou Pozsony en hongrois, capitale du royaume de Hongrie bien avant Budapest.

    La plupart des châteaux, plutôt forteresses, que nous visiterons, étaient le siège de grandes familles hongroises qui possédaient la quasi-totalité des terres. Cette situation provoqua des mouvements d’émancipation de la population slovaque au XIXe siècles, dans la foulée du « Printemps des Peuples » de 1848. Sévèrement réprimandés par les hongrois. Ce fût un des prétextes à la création de la Tchécoslovaquie en 1920 par les traités de Trianon et de St. Germain en Laye, dans la foulée de celui de Versailles. Ces traités visaient surtout le démantèlement de l’empire habsbourgeois, à commencer par la Hongrie dont le territoire fut réduit de deux tiers par l’attribution de certaines parties à la Roumanie, à l’Ukraine et à la Yougoslavie. La Slovaquie, elle, fut rattachée à l’ex royaume de Bohême, aujourd’hui la République Tchèque.

    Edward Benes, le dirigeant de ce pays fraichement « fabriqué », était ce qu’on pourrait appeler un progressiste – très francophile au demeurant, formé en France et proche de Clémenceau avec lequel il partageait la haine des Habsbourg – nationalisant et expulsant à tout va (décrets Benes). C’est ce qui explique qu’au sortir de la période communiste, en 1989, les châteaux slovaques, qui avaient déjà été nationalisés après la 1ere Guerre Mondiale, n’ont pu être restitués, contrairement aux demeures tchèques qui furent plus protégées et qui, sous certaines conditions, ont pu être rendues à leurs propriétaires.

    Après la Révolution de Velours, menée à Prague par Vaclav Havel, qui a fait chuter le pouvoir communiste en 1989, la Tchécoslovaquie devint une sorte de fédération de deux états, conférant à la Slovaquie plus d’autonomie. Mais, le vieux rêve slovaque d’indépendance se réalisa, trois ans après, en 1993. Ce « jeune » pays, avec une vieille histoire, deviendra membre de l’UE et de l’OTAN, en 2004.

    Le nord-est du pays, frontalier de la Pologne et, à l’est, de l’Ukraine (nous nous arrêterons bien avant) nous permettra de découvrir des églises à l’architecture typique de style gothique, renaissance ou baroque, présentant des retables sculptés extraordinaires ou, dans des églises, devenues protestantes, en bois, qui ont gardé leurs décors peints d’origine, ou encore des fresques remarquables. Les quartiers historiques des villes ont su garder leurs styles d’origine et l’Etat slovaque fait beaucoup d’efforts pour conserver son patrimoine historique urbain, même si l’architecture et l’urbanisme communiste, façon soviétique, nous rappellera une partie de l’histoire de ce pays.

    Parmi ces villes anciennes, certaines se sont formées autour des mines d’argent exploitées dès le moyen-âge. Nous visiterons l’une d’elle où, pendant le règne de l’impératrice Marie-Thérèse fut créé un formidable système d’adduction d’eau, nécessaire à l’extraction du précieux minerai, et la toute première Ecole des Mines au monde.

    C’est aussi, par ses montagnes et ses forêts, un pays de chasse et de réserves naturelles, protégeant, à la façon autrichienne, outre les cervidés, les loups, les ours, les links et les tetras par des plans de chasse très rigoureux dans une optique écologiste bien comprise.

    On trouve donc une gastronomie plutôt rustique mi-tchèque, avec la bière, mi—hongroise, avec le vin, notamment des Petites Carpathes. Les repas sont parfois ponctués d’une musique, très joyeuse ou très langoureuse, toujours exclusivement jouée par des virtuoses du violon – les tsiganes qui constituent une autre ethnie très présente dans cette partie de l’Europe, et dont les mélodies ont inspiré nombre de nos grands compositeurs classiques.

  • Novembre 2025 – Le Portugal, terre de conquérants

    Dates : du 13/11/2025 au 20/11/2025

    Porto, Avero, Coimbra, Tomar, Fatima, Nazaré, Obidos, Lisbonne, Arraiolos, Évora, Sintra

    On oublie aisément que ce « petit » pays fut l’une des plus grandes puissances coloniales de l’histoire, présente sur presque tous les continents. C’est ce qui explique que le portugais se place aujourd’hui au neuvième rang des langues les plus parlées dans le monde, avant le français.
    L’histoire du Portugal en tant que pays commence en 1179, lorsque le pape Alexandre III reconnaît officiellement le royaume sous l’autorité d’Alphonse Ier Henriques, fils de Raymond de Bourgogne — cousin d’Hugues Capet — Cette naissance coïncide avec la fin de la Reconquête sur l’occupation musulmane (715–1249), dont les traces culturelles demeurent encore très visibles dans l’architecture et les arts décoratifs du pays.
    Dans la généalogie royale portugaise se croisent des cousins capétiens, des Habsbourg, des Bragance et des Saxe-Cobourg : une préfiguration de l’Union Européenne avant la lettre.
    La grande époque du Portugal reste celle des Grandes Découvertes, entre le XVe et le XVIe siècle, avec Vasco de Gama, Magellan et bien d’autres qui explorent le monde et bâtissent un empire colonial au Brésil, en Afrique et aux Indes. Cet élan, porté par l’esprit de la Renaissance et soutenu par la Compagnie de Jésus — notamment saint François Xavier, disciple d’Ignace de Loyola.
    Ces conquêtes apportèrent au Portugal une richesse considérable, qui excita de nombreuses convoitises. Au début du XIXe siècle, l’Angleterre, appuyée sur un traité commercial d’exportation du vin de Porto, faillit coloniser le pays, Napoléon Ier n’ayant pas réussi à s’implanter durablement dans la péninsule ibérique.
    Le XIXe siècle fut particulièrement agité : conflits politiques, assassinat du roi Charles Ier et du prince héritier en 1906, avant que la reine Amélie — petite-fille de notre roi des Français, Louis-Philippe — parvienne à faire monter sur le trône son fils Manuel II. Celui-ci abdiqua en 1910 et le Portugal devint une République, non sans traverser un XXe siècle très mouvementé, marqué notamment par une décolonisation difficile.
    Toute cette histoire, tournée vers le monde, se lit dans les arts portugais. Plusieurs caractéristiques nous ont particulièrement frappés au fil du voyage :
    L’architecture baroque des façades, plus sobre qu’en Espagne, se traduit par des façades blanches et épurées dont les encadrements de fenêtres et de portes sont en granit foncé, sculptés de motifs maritimes. Le style manuélin, développé entre le XVe et le XVIe siècle, constitue une expression artistique proprement portugaise — une architecture dite « marine » — dont les ornements évoquent les cordages, les ancres et les sphères armillaires des grandes expéditions.
    L’orfèvrerie révèle une forte inspiration orientaliste, et le mobilier recourt volontiers à la laque, à l’ivoire et à la nacre, témoignant des échanges avec l’Extrême-Orient.
    Mais le signe le plus omniprésent de cette identité culturelle reste sans conteste les azulejos : ces carreaux de faïence, d’abord bleu et blanc, puis polychromes à partir du XVIe siècle, accompagnent tous les styles et toutes les époques. On les retrouve partout — dans les palais, les églises, les gares — formant un mode décoratif majeur et toujours actuel.
    La première journée de découverte fut consacrée à Porto…sous une pluie battante, une douche, qui obligea le groupe à s’équiper en poncho, avant de découvrir la Place da Liberdade, la Gare de São Bento et ses 20 000 azulejos peints par João Colaço, le Palais de la Bourse et son saisissant salon arabe inspiré de l’Alhambra de Grenade, puis la cathédrale. L’après-midi, le quartier populaire de la Ribeira et une petite croisière des « Six Ponts » partant des quais où se prépare le transport du vin de Port, que nous n’avons pas manqué de déguster dans une de ces caves.
    La pluie continuant de plus belle, le programme de cette deuxième journée s’est adapté et la balade en bateau moliceiro sur ses canaux a été remplacée par la visite d’une faïencerie traditionnelle, fort intéressante, grâce aussi au guide de la maison, parfaitement francophone, et…à l’abri des intempéries. Heureusement, la pluie s’étant arrêtée, nous avons pu dans l’après-midi, découvrir Coimbra, ancienne capitale du Portugal et cité universitaire, inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO, et son l’impressionnante bibliothèque royale édifiée par le roi João V au XVIIIe siècle.
    Le jour suivant, grand parcours à travers le cœur du pays. Nous commençons par Tomar et la visite de son château des Templiers, puis du Couvent du Christ (UNESCO) qui nous ont plongés dans sept siècles d’histoire portugaise et dans les grands moments de l’Occident chrétien. Arrêt ensuite à Fátima, l’un des hauts lieux de pèlerinage de la chrétienté mondiale, où, ceux qui le souhaitaient, ont pu assister à la messe dominicale dans cette très vaste basilique. Le parcours s’est poursuivi par Nazaré, charmant village de pêcheurs devenu station balnéaire sans perdre son âme, a fourni une pause pittoresque. Enfin, Óbidos, ville médiévale aux rues sinueuses bordées de bougainvilliers, jadis offerte en cadeau de fiançailles à la reine Isabelle d’Aragon, nous a accueillis pour une flânerie entre ses remparts et une dégustation de la liqueur de Ginja dans son traditionnel verre en chocolat.
    La région de l’Alentejo, avec ses grands espaces et ses villages blancs, a constitué une journée de contrastes. Arraiolos, dont l’histoire remonte au 4e millénaire avant J.-C., est mondialement réputé pour ses tapis brodés à la main, depuis 1598 : une rue entière est consacrée à cet art, avec ses tapisseries pendues aux murs des maisons. Évora, « musée à ciel ouvert » selon l’UNESCO, nous a ensuite dévoilé ses trésors : le temple de Diane vieux de deux millénaires, la cathédrale médiévale — la plus grande du Portugal —, et la saisissante Chapelle des Os, décorée d’ossements humains. Une dégustation des vins de la région a permis de se remettre de cette visite mémorable.
    Lisbonne, enfin, la capitale, ville aux sept collines, s’est révélée sous ses multiples facettes. Le quartier de la Baixa, reconstruit après le terrible séisme de 1755, la majestueuse Place do Comércio avec son arc de triomphe au bord du Tage, le quartier d’Alfama et son atmosphère de Kasbah, le Musée dos Azulejos et la cathédrale. L’après-midi, direction la Tour de Belém, le Monastère des Hiéronymites et le tombeau de Vasco de Gama, avant de terminer par le Palais National d’Ajuda, seul palais royal de Lisbonne ouvert au public, qui conserve avec une remarquable authenticité l’atmosphère du XIXe siècle royal.
    Nous avons achevé ce périple portugais par la visite de Sintra (UNESCO) qui constitue un condensé extraordinaire d’architecture romantique. Le Palais da Pena, joyau coloré perché sur les montagnes, est l’œuvre de Ferdinand de Saxe-Cobourg et Gotha — neveu du premier roi des Belges —, devenu Dom Fernando II par son mariage avec la reine Marie II. L’artiste-roi a su créer là une demeure qui frappe l’imagination de quiconque l’aperçoit. Une promenade dans les rues romantiques de la cité, ponctuée puis la visite du Palais National. A lui seul, ce palais résume toute l’histoire du Portugal à travers ses collections d’azulejos et ses arts décoratifs. La journée s’est achevée par une dégustation des vins de la région de Sintra.
    Ce voyage au Portugal aura été bien plus qu’un simple périple touristique. À travers chaque site visité — qu’il s’agisse d’un palais royal, d’un couvent templier, d’une gare couverte d’azulejos ou d’un village médiéval —, c’est toute une civilisation qui s’est dévoilée à nous : celle d’une nation qui, depuis ses origines, a regardé le monde avec ambition et curiosité.
     
    Note prochain voyage, changera de monde culturel : nous parcourrons la Slovaquie, pays de mélange entre les cultures slaves et magyares.

    Christian Dromard


  • Octobre 2024 – L’Allemagne et ses châteaux

    Dates : du 01/10/2024 au 31/10/2024

    Après avoir, en 2017, longé le rivage de la Hanse jusqu’aux forteresses des Chevaliers Teutoniques, il paraissait logique de compléter notre incursion vers le sud, vers le Bade-Wurtemberg et la Bavière.

    L’Allemagne regorge de grands châteaux comme on en voit très peu en France. L’histoire n’est pas la même. La monarchie a duré jusqu’en 1918 et Le regroupement des différents royaumes, principautés et duchés entrepris par Bismarck autour du royaume de Prusse et de la famille régnante des Hohenzollern, ne semble pas avoir nui à ce patrimoine.

    La révolution, puis la République de Weimar, qui a succédé à l’empire après la défaite de 1918, n’a pas eu non plus, pour les châteaux et grands domaines, trop de conséquences néfastes, malgré un pays dévasté et frappé d’une très lourde dette. Après, c’est une autre histoire.

    La 2e Guerre Mondiale a beaucoup détruit et endommagé, par les bombardements, puis l’invasion et l’occupation, notamment par les soviétiques qui ont vandalisé les églises, les châteaux, et tout aussi sauvagement leurs occupants, notamment en Allemagne de l’Est où, le régime communiste stalinien a confisqué tous les châteaux en continuant à les détruire ou les vandaliser.

    En revanche, en République Fédérale Allemande, la restauration des monuments a été considérée comme une priorité quasi identitaire.

    Une loi prévoit d’indemniser, voire de restituer, à condition que les familles propriétaires n’aient collaboré ni avec les nazis ni avec les communistes. Cette loi allemande inspirera quelques années plus tard les pays de l’Est dès après l’effondrement du Mur de Berlin en 1989 et feront aussi l’objet de controverses, comme pour la famille de Hollenzollern.

    Pays du romantisme, parfois exacerbé, ces châteaux allemands marquent l’histoire de l’architecture de cette partie de l’Europe qui par leur taille, leur architecture, et leur décoration, témoignent d’un passé plutôt brillant. Cela vaut aussi pour les abbayes et les églises que la contre-réforme catholique, notamment bavaroise, a encore plus accentué.

    D’emblée, nous mettrons de côté les « folies » de Louis II de Bavière, pour un autre voyage plus orienté sur les traces des Habsbourg et du Saint Empire Romain Germanique.

    Nous nous en tiendrons à d’autres grandes maisons, où les descendants des familles qui les ont construites et réaménagées au fil des temps, y demeurent parfois encore, préservant ainsi un peu d’authenticité, même si ces châteaux sont ouverts à la visite du public.

    Outre des châteaux forts, d’origine très ancienne, mais reconstruits au fil des siècles et, notamment dans la deuxième moitié du XIXe siècle, dans un style romantique historisant et magnifiant les origines médiévales et chevaleresques des propriétaires, il reste aussi de beaux édifices d’architecture baroque avec, parfois, des décorations, elles aussi exubérantes mais d’autant plus spectaculaires.

    Enfin, nous terminerons par Munich, deuxième ville – et deuxième capitale, disent certains – de l’Allemagne.

  • Octobre 2023 – Les Pouilles ou la Normandie méridionale

    Dates : du 01/10/2023 au 15/10/2023

    Sites : Bari, Vieste, Castel del Monte, Trani, Matera, Alberollo, Ostuni, Lecce, Gallipôli, Galatina, Nardo, Otrante.

    Les pouilles offrent un panorama architectural très diversifié : églises romanes, gothiques et baroques, ainsi que des châteaux-forts. Cette région est également connue pour son patrimoine vernaculaire très ancien, notamment ces petites maisons en pierres sèches, les trullis. Le littoral, bordé par la mer Adriatique est ponctué de petites villes portuaires, blotties à flanc de falaise parfois et recelant un dédale de petites rues aux maisons bien conservées, entourant parfois une cathédrale, ou cachant quelques palais.

    C’est aussi une région qui fut régie par une famille normande pendant plus de deux siècles, au moyen-âge, et dont certaines église romanes portent la trace.

  • Octobre 2022 – L’Alsace et son patrimoine préservé

    Dates : du 01/10/2022 au 15/10/2022

    Strasbourg, Colmar, la Route des vins, en car de puis Bayeux, en passant par la Champagne.

    L’incertitude créée par les conséquences de la guerre en Ukraine, ont amené à éviter d’utiliser l’avion et donc de restreindre nos ambitions.

    L’alsace est peut-être la région de France la plus « exotique », essentiellement parce que s’y applique une politique de conservation du patrimoine très rigoureuse. Elle se décline même pour les constructions nouvelles, mais aussi dans tous les autres registres de la culture, avec, en prime, une activité vitivinicole et une gastronomie très spécifique, dans les même tonalités.