Villes visitées : Bratislava – Cerveny Kamen – Nitra – Bojnice – Zvolen – Banska Stiavnica, Antol, Vlkolinec – Levoca – Spiss Kapitula – Zhera – Kezmarok – Bardejov – Orava – Trencin
C’est peut-être un des pays européens des moins connus, sans doute parce que c’est un des plus jeunes : il est né en 2004 et est un des plus petits de l’Union Européenne (5,5 millions d’habitants).
Il est bordé par l’Autriche, la Hongrie, la République Tchèque, la Pologne et l’Ukraine. De fait, on y parle slovaque (dérivé du tchèque) et aussi, héritage de l’histoire, hongrois, allemand(autrichien) et, plus rarement, russe.
C’est un mélange ethnique : slaves, comme les tchèques ou les polonais, et hongrois (d’origine ougrienne, cf. Attila), puisque la Slovaquie a été une province hongroise.
Quant à son histoire, c’est celle, à la fois, de l’Autriche, de la Hongrie, de la Bohême (République Tchèque), et de la Pologne, au gré des batailles, traités et des dynasties, jusqu’à ce que les Habsbourg, absorbent ces pays et ces peuples dans leur empire qui s’éteindra en 1918, après plus de mille ans d’existence.
A partir de 1563, Ferdinand Ier de Habsbourg, jusqu’à Francois-Joseh en 1830, et sa charmante épouse, Elisabeth, tous les rois se feront couronner Roi de Hongrie en la cathédrale Saint Martin de Bratislava, autrefois nommée Presbourg en allemand-autrichien, ou Pozsony en hongrois, capitale du royaume de Hongrie bien avant Budapest.
La plupart des châteaux, plutôt forteresses, que nous visiterons, étaient le siège de grandes familles hongroises qui possédaient la quasi-totalité des terres. Cette situation provoqua des mouvements d’émancipation de la population slovaque au XIXe siècles, dans la foulée du « Printemps des Peuples » de 1848. Sévèrement réprimandés par les hongrois. Ce fût un des prétextes à la création de la Tchécoslovaquie en 1920 par les traités de Trianon et de St. Germain en Laye, dans la foulée de celui de Versailles. Ces traités visaient surtout le démantèlement de l’empire habsbourgeois, à commencer par la Hongrie dont le territoire fut réduit de deux tiers par l’attribution de certaines parties à la Roumanie, à l’Ukraine et à la Yougoslavie. La Slovaquie, elle, fut rattachée à l’ex royaume de Bohême, aujourd’hui la République Tchèque.
Edward Benes, le dirigeant de ce pays fraichement « fabriqué », était ce qu’on pourrait appeler un progressiste – très francophile au demeurant, formé en France et proche de Clémenceau avec lequel il partageait la haine des Habsbourg – nationalisant et expulsant à tout va (décrets Benes). C’est ce qui explique qu’au sortir de la période communiste, en 1989, les châteaux slovaques, qui avaient déjà été nationalisés après la 1ere Guerre Mondiale, n’ont pu être restitués, contrairement aux demeures tchèques qui furent plus protégées et qui, sous certaines conditions, ont pu être rendues à leurs propriétaires.
Après la Révolution de Velours, menée à Prague par Vaclav Havel, qui a fait chuter le pouvoir communiste en 1989, la Tchécoslovaquie devint une sorte de fédération de deux états, conférant à la Slovaquie plus d’autonomie. Mais, le vieux rêve slovaque d’indépendance se réalisa, trois ans après, en 1993. Ce « jeune » pays, avec une vieille histoire, deviendra membre de l’UE et de l’OTAN, en 2004.
Le nord-est du pays, frontalier de la Pologne et, à l’est, de l’Ukraine (nous nous arrêterons bien avant) nous permettra de découvrir des églises à l’architecture typique de style gothique, renaissance ou baroque, présentant des retables sculptés extraordinaires ou, dans des églises, devenues protestantes, en bois, qui ont gardé leurs décors peints d’origine, ou encore des fresques remarquables. Les quartiers historiques des villes ont su garder leurs styles d’origine et l’Etat slovaque fait beaucoup d’efforts pour conserver son patrimoine historique urbain, même si l’architecture et l’urbanisme communiste, façon soviétique, nous rappellera une partie de l’histoire de ce pays.
Parmi ces villes anciennes, certaines se sont formées autour des mines d’argent exploitées dès le moyen-âge. Nous visiterons l’une d’elle où, pendant le règne de l’impératrice Marie-Thérèse fut créé un formidable système d’adduction d’eau, nécessaire à l’extraction du précieux minerai, et la toute première Ecole des Mines au monde.
C’est aussi, par ses montagnes et ses forêts, un pays de chasse et de réserves naturelles, protégeant, à la façon autrichienne, outre les cervidés, les loups, les ours, les links et les tetras par des plans de chasse très rigoureux dans une optique écologiste bien comprise.
On trouve donc une gastronomie plutôt rustique mi-tchèque, avec la bière, mi—hongroise, avec le vin, notamment des Petites Carpathes. Les repas sont parfois ponctués d’une musique, très joyeuse ou très langoureuse, toujours exclusivement jouée par des virtuoses du violon – les tsiganes qui constituent une autre ethnie très présente dans cette partie de l’Europe, et dont les mélodies ont inspiré nombre de nos grands compositeurs classiques.

